Le rythme grégorien

Dom Mocquereau et la synthèse rythmique

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Le Centre grégorien Saint Pie X vous propose un dossier très documenté sur le rythme grégorien comprenant une série d'articles de M. l'abbé Vincent Gélineau que nous remercions très chaleureusement. On consultera ce dossier en cliquant sur le menu Dossiers / Le rythme grégorien

Introduction

            Qu’est-ce ce que le rythme ?

            Question délicate, question difficile, souvent esquivée par les manuels de solfège, cette question est pourtant au cœur de l’interprétation musicale. On peut l’éviter au point de vue théorique, elle resurgit à l’exécution. Combien de fois n’a-t-on pas entendu un professeur d’instrument se plaindre d’une exécution parfaitement métronomique, mais qui ne chante pas, qui manque de phrasé ?

            Il y a pourtant une réponse. Ces modestes pages voudraient l’exposer dans la ligne des brillantes recherches d’un humble bénédictin, Dom André Mocquereau. Dérouté par le chant grégorien qui ne cadre pas avec l’enseignement reçu au conservatoire, il étudie en profondeur ce problème du rythme, et donne, aux termes de longues années de recherche, une puissante synthèse sur le sujet.

            Nous présenterons sa démarche à l’aide de ses œuvres, de certains articles écrits dans la Revue Grégorienne sur le sujet, et des ouvrages de Dom Gajard, son successeur immédiat.

            La présente étude est composée de chapitres qui viendront peu à peu enrichir les pages du site du Centre Grégorien Saint-Pie X.

 

Dom Mocquereau et la synthèse rythmique (1)

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Biographie

André Mocquereau1 naquit, le 6 juin 1849, à La Tessoualle (Maine-et-Loire). Sa famille était originaire de Sablé-sur-Sarthe. Son père, médecin, vint s’établir à Cholet peu après la naissance de son fils. La musique avait sa place dans ce foyer de culture et de tradition profondément françaises. André devint un violoncelliste de talent. Camille Bellaigue rapporte avec humour qu’un jour sa petite sœur qui l’accompagnait au piano ayant commis une faute légère, l’impatient violoncelliste frappa d’un coup d’archet les petites mains fautives. Et ce fut le premier de ces ictus dont il était réservé à Don Mocquereau d’établir un jour et la pratique et la doctrine, avec plus de douceur.2 En 1870, il entre dans l’armée. Le célèbre violoncelliste Dancla voulait l’attirer au Conservatoire de Paris, mais il entre le 22 juillet 1875 au monastère de Solesmes.

Entré au monastère, sa sensibilité musicale s’adapta mal au chant du chœur. Surprise, répulsion, les tendances synthétiques de son intelligence ne parvenaient pas, et pour cause, à faire entrer dans les moules qui lui étaient familiers une matière musicale d’une souplesse et d’une liberté infinies.

Dom Mocquereau et la synthèse rythmique (2)

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Le problème du rythme, tel qu’il se pose à Dom Mocquereau en 1875.

            Comme la biographie de Dom Mocquereau le manifeste, toute son activité musicale est marquée par la question du rythme. Qu’est-ce que le rythme ? Question complexe, problème, comme l’a écrit M le Guennant, qui était de nature à décourager les plus téméraires. C’est le mérite de Dom Mocquereau d’avoir, grâce à son expérience musicale exceptionnelle et un travail patient sur de longues années, démêlé les fils de cette difficile question.

            Pour bien comprendre comment se pose le problème, nous exposerons de manière succincte les principales interprétations qui ont précédé la synthèse de Dom Mocquereau. En effet, même si la question du rythme sera résolue par Dom Mocquereau dans toute sa généralité, c’est dans un cadre particulier que l’intérêt de la question se manifeste à lui. Ce cadre particulier, c’est son premier contact avec le chant grégorien à Solesmes en 1875.

Le point de départ de la recherche de Dom Mocquereau

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Comme nous l’avons évoqué dans l’article précédent, Dom Mocquereau entrant au monastère se trouve naturellement au cœur du travail de restauration du chant grégorien. Excellent musicien dans le siècle, il peine d’abord avec cette musique qui lui semble sans intérêt et sans valeur musicale. Comme le note Dom Gajard, « dès le début, il s’était aperçu que le chant grégorien se trouvait par sa composition même, en contradiction ouverte avec ce qu’on était convenu de considérer comme les fondements mêmes de l’art musical. Pour quiconque a été élevé dans la théorie du temps fort et du rythme intensif, le fait si fréquent de finales de mots et même de pénultièmes dactyliques faibles chargées de neumes après un accent tonique affecté d’une seule note, constituait une énigme, sinon un scandale. »1 En commentant ces quelques lignes de Dom Gajard, on relèvera ce qui est le point de départ de la recherche de Dom Mocquereau, l’étonnement initial qui va le conduire logiquement à se pencher sur la question du rythme.

1/ Ce à quoi on s’attend

Comme l’article précédent le notait, il y a un point commun entre toutes les théories rythmiques qui se veulent la juste interprétation du chant grégorien. Elles s’appuient toutes sur l’inévitable temps fort, jugé indispensable à la musique. Si dans la langue latine, il y a bien une syllabe qu’on était prêt à qualifier de forte, c’était bien l’accent tonique. Alors on s’attend à ce qu’il y ait coïncidence de l’accent tonique avec le temps fort. Voilà ce qui semblerait tout à fait logique. Pour le marquer, on s’attend à ce que cette syllabe soit ornée de beaucoup de notes, tandis que les autres syllabes soient comparativement réduites.

A la recherche de la notion de rythme ? Qu'est-ce que le rythme ?

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À la recherche de la notion de rythme

            Les articles précédents ont présenté Dom Mocquereau et la question du rythme, qui sera au cœur de ses recherches. Pour résumer, on peut dire que passant de la musique du siècle à la musique du cloître, il est étonné que la théorie du temps fort, si communément admise, trouve une exception avec le chant grégorien. De là il en vient à soulever la question de manière plus sérieuse pour trouver une réponse générale à toute la musique. Qu’est-ce que le rythme en général ?

            Avec ce quatrième article, nous voudrions exposer la réponse à cette question en nous appuyant sur les premières pages du Nombre Musical Grégorien. C’est une œuvre synthèse, qu’il a publiée au terme de longues années de recherche. Nous ne suivrons pas ici le fil de sa démarche, mais nous nous arrêterons sur la présentation qu’il donne à l’issue de son travail de recherche. Ces premières pages cernent la notion du rythme dans toute sa généralité, la suite de l’ouvrage détaillera les différents aspects du problème rythmique dans le cadre du chant grégorien.

1. Rythme, es-tu là ?   2. Le rythme dans le mouvement sonore   3.  Qu'est-ce que le rythme ?........  Lire la suite .......